mercredi 31 août 2011

In einem Jahr mit 13 Monden



1978
Alias: L'année des treize lunes

Alias: L'année des 13 lunes
Alias: In a Year of 13 Moons

Cinéaste :Rainer Werner Fassbinder
Comédiens :Ingrid Caven -Volker Spengler -Gottfried John -Elisabeth Trissenaar

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd

Ce qui m'a le plus frappé, ce sont les nombreuses scènes où je croyais voir un film d'Almodovar. Souvent en voyant des Fassbinder, je remarquais la filiation avec Douglas Sirk ou bien même avec Jean-Luc Godard, mais c'est la première fois qu'Almodovar entre dans l'arbre généalogique de façon aussi évidente.

La filiation est d'abord profonde, avec des personnages très denses, complexes, en apparence extraordinaires, mais en fait tout simplement aussi vrais et naturels que peut l'être le commun des mortels. Transsexuels, homosexuels, putes ou mafieux, tous sont des êtres humains.

Elle se manifeste également dans la richesse littéraire que le récit propose. Et sur ce point on ne saluera jamais assez la finesse, la maitrise de la narration chez Fassbinder -ce qui est peut-être encore plus net chez Almodovar- et que la mise en scène très courageuse rend encore prégnant. Que dire de cette recherche continue, dans les angles, dans le placement des personnages, l'enfermement dans le cadre des portes,

les murs formant prison, quête de sens et de mise en perspective, de leurs sentiments et de leurs émotions? On retrouve à ce propos l'obsession ou la manie de Fassbinder à placer des miroirs ou des vitres transparents, flous entre ou face à ses comédiens. Ces diffractions, ces détournements de l'image se retrouvent également chez Almodovar dans une moindre mesure.

D'ailleurs la filiation formelle entre les deux cinéastes va beaucoup plus loin : j'ai à plusieurs reprises été frappé par l'étonnante impression d'être devant un film d'Almodovar. A titre d'illustration, je citerais cette scène dans l'abbaye, où la pute Zora (Ingrid Caven) accompagne Elvira (Volker Spengler)

pour que celle-ci rencontre une bonne sœur (Lilo Pempeit) qui l'a élevé(e) quand elle était petit(e) garçon. Voilà, en une séquence : et la forme (avec les cadrages, les costumes, l'ambiance) et le fond (transexualité, exclusion, religion, acceptation de soi, des thèmes récurrents chez les deux auteurs) se conjuguent pour me permettre d'affirmer qu'Almodovar a vu et été influencé par ce film de Fassbinder. Ma main au feu. "La loi du désir", Tout sur ma mère" et "La fleur de mon secret" sont les films qui me paraissent avoir emprunté au cinéaste allemand. Au minimum ceux-là, merde!

Si je continue sur cette relation intime entre les deux auteurs, vous allez penser que je suis un illuminé, alors passons au film en lui même, son histoire, ses personnages au-delà de l'empreinte fassbinderienne, au-delà de son style et de ses thématiques.

Et l'on rencontre un personnage très touchant, torturé par une extrême sensibilité et surtout cette identité sexuelle bâtie par le bistouri et non la nature, par conséquent confrontée très tôt à sa place en tant qu'individu dans la société, celle qui est ordonnée par le genre. A ce transsexualisme difficilement accepté par les autres, même s'il/elle conserve l'amour de son ex-femme et de leur fille,

s'ajoute la fragilité du personnage, les traumatismes de l'enfance, l'exclusion que le petit enfant a ressenti très jeune dans son enfance, l'abandon et le refus d'amour plusieurs fois subi et qui rendent les ruptures adultes si violentes. Fassbinder nous décrit un personnage écorché vif sur lequel on comprend très vite que les cicatrisations ne peuvent se faire complètement.

Tenez, en voilà une belle différence avec les mondes d'Almodovar ou de Sirk, ici le personnage ne trouve pas de solution heureuse, de deuxième chance, la force de se battre à nouveau. Certes, en tant que spectateur, que l'aboutissement soit heureux ou malheureux importe peu. Seuls les émotions suscitées, leur puissance, la beauté de la description et des enchainements sont essentielles et favorisent le plaisir cinéphile. Ici encore Fassbinder parvient à ses fins en créant un objet très personnel mais également qui réussit la gageure de mettre ses craintes et ses émotions particulières à la portée de l'universel, pour peu que le commun s'y ouvre.

Un très beau film. Peut-être un des plus violents qu'il m'ait été de voir jusqu'à maintenant de Fassbinder, du côté de l'amer.

Trombi:
Ingrid Caven:

Lilo Pempeit:

Gottfried John:

Elisabeth Trissenaar:

Eva Mattes:

Günther Kaufmann:

Isolde Barth:

Walter Bockmayer:

Karl Scheydt:

Bob Dorsay:

Ursula Lillig:

Gerhard Zwerenz:

Peter Kollek?

It happened one night



1934
alias : New-York Miami

Cinéaste:Frank Capra
Comédiens
:Walter Connolly - Claudette Colbert -Clark Gable

Notice Imdb
Vu en dvd


Que voilà 4 oscars achement bien mérités (meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleure actrice). A tout cela je dis oui, oui, oui et oui! Un grand film, une grande comédie, une grande romance, deux grands foutre de bons acteurs!
Le cinéma offre parfois des moments d'une grâce inégalable. Et Frank Capra est de ces artistes qui excellent à nous en pondre sacrément souvent. Certaines scènes sont d'une beauté qui font chanceler. Une esthétique trouble où les personnages semblent dessiner des auréoles, des petites bulles de vie.
Capra est un géant quand il insère ici ou là dans son récit des personnages secondaires qui rehaussent ou orientent les principaux. Ces américains moyens, qui ne se laissent pourtant pas apprivoiser, tant ils peuvent être de fieffés salops sous leurs airs débonnaires ou d'adorables cœurs purs sous leurs airs déboussolés. Rien n'est moins sûr chez Capra que l'identité du quidam.
Des personnages chausse-trappes ne sont pas les seuls coups de pieds au cul du spectateur. Capra invente pour son récit une mise en scène ingénieusement provocatrice. Ici ou là, la montée de la tension érotique (jusqu'à l'écroulement des "murs de Jéricho")
est d'une brillante ingéniosité et instaure une émotion amoureuse que les deux acteurs rendent palpable avec un jeu d'une rutilante modernité. La virilité de Clark Gable accouplée à la virginale ingénuité de Claude Colbert façonnent une idylle colorée, très évoluée, contemporaine et à l'agitation que beaucoup de comédies romantiques récentes ont à l'évidence tenté de recopier.
Quelques plans furtifs de la féminité qu'une Claudette laisse échapper dans la pénombre d'une chambre, très intime, ou bien sur une route très lumineuse et provocante. Clins d'œil, force riante, émoi du cœur et des sens, Capra surprend, épate, déconcerte par tant d'audace et de percussion.

La virilité moustachue de Clark Gable joue également d'une intelligence pratique, toute américaine, "pragmatique" serait plus approprié, en tout cas jamais vraiment décontenancée par les évènements contraires. Sa force d'adaptation se mesure à celle de Bugs Bunny qu'il va inspirer. Quoi de neuf doc?
Une comédie romantique foudroyante. Un uppercut par le jeu énergique des comédiens, par la facétie des personnages et du monde de Capra, par le rythme effréné que la mise en scène et le récit font subir au cœur du spectacteur ravi. Chef d'œuvre.
Trombi:
Walter Connolly:

Roscoe Karns:

Jameson Thomas:

Alan Hale:

Arthur Hoyt et Blanche Friderici:

Ward Bond:

Charles C. Wilson:

mardi 30 août 2011

Malevil



1981

Cinéaste:
Christian de Chalonge
Comédiens:
Michel Serrault -Jacques Dutronc -Jean-Louis Trintignant -Robert Dhéry

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


Ancienne Critique :

OVNI de la cinématographie française. Pourtant soutenu par un beau casting, excusez du peu : Trintignant, Dutronc, Serrault, Dhéry, Villeret, etc. Un Mad Max à la française. Sans le Mad, ou alors une folie plus profonde, moins extravertie. Peut-être plus crédible en fin de compte. Les habitants d'une campagne française survivent tant bien que mal après l'holocauste nucléaire. Si l'on accepte cette idée de départ et l'irréelle sortie sous les radiations des "survivants", on peut suivre avec intensité leur parcours plus ou moins solidaire. Jusqu'au moment où l'on découvre le despote de l'autre communauté, totalitarisme un peu trop convenu et schématique à mon avis. Bref, un bon film avec un peu trop de facilité dans le scénario.

Nouvelle critique :

Ayé, l'ai revu! Dans une bien piètre qualité de compression : lorsque j'en faisais les captures pour cette critique, j'avais l'impression de manipuler de l'avi! Je n'ai rarement eu aussi mauvaise compression depuis un dvd. Bon, tant pis, on fait avec!

J'aimais bien ce film. Mes souvenirs confus n'en demeuraient pas moins enthousiastes. Et cette relecture n'a pas trop altéré cet état d'esprit. En dehors d'un rythme très mal maitrisé et d'une portée, d'un sens général du film dont je ne saisis pas bien tous les éléments, j'ai tout de même une nouvelle fois été fasciné par cette histoire post-apocalyptique à peu près réaliste, même si on tique forcément sur l'absence de pollutions, la relative rapidité de la nature à reprendre ses droits, etc.

Mais ce qui me subjugue encore, en dépit de la pauvreté de l'image qu'offre ce dvd, c'est bel et bien l'extraordinaire apport des décors de Marcel Douy. Je ne suis pas le seul. Christian de Chalonge profitant au maximum des paysages lunaires ou des décors de cendres préparés avec force détails et soins par l'équipe technique. Très impressionnant, d'autant qu'à l'époque ils n'avaient pas l'outil numérique. Chapeau!

Et puis, c'est également toujours un grand plaisir pour moi de suivre des comédiens tels que Michel Serrault et Jean-Louis Trintignant.

Le premier hérite d'un rôle qu'il joue de façon très sobre, comme beaucoup de personnages qu'il avait l'opportunité de jouer dans les années 1980. Il en profitait pour montrer ses aptitudes à faire autre chose que le clown.
Jean-Louis Trintignant

joue ici un personnage très froid, un fou furieux dont le regard métallique, le front blanc et les cheveux plaqués sont les signes d'un rigorisme sectaire dangereusement édifié en monument tutellaire pour une petite communauté de survivants sur laquelle son emprise se maintient par la violence. Un rôle très impressionnant effrayant. Il est parfait.
Les participations de Jacques Villeret

et de Jacques Dutronc

sont moins marquantes mais que dire de celle de Robert Dhéry que l'on voit et reconnait à peine.

Alors si le film est un peu mal foutu -dans son montage, je pense -il reste un Objet Visuel Non Identifié, une rareté dans le cinéma français, une curiosité à voir.

Trombi:
Hanns Zischler:

Pénélope Palmer:

Emilie Lihou:

Jacqueline Parent:

Jean Leuvrais:

Guy Saint-Jean:

Reine Bartève:

Eduard Linkers: