jeudi 20 septembre 2012

Razzia sur la chnouf



1955

Cinéaste:Henri Decoin
Comédiens: Lila Kedrova - Magali Noël - Jean Gabin - Lino Ventura


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Vu en dvd




Cette immersion dans le milieu interlope des trafiquants de "la" drogue, comme l'écrit un journal qui situe formidablement bien l'époque, est une belle occasion de retrouver la verve d'Auguste Le Breton. Encore a-t-on le privilège de rencontrer l'écrivain lui même en voyoucrate expert en jeu de dés monnayable.

Le film ne s'arrête pas à cette exceptionnelle participation, il donne aussi l'occasion de découvrir pour la 2e fois la tronche fermée d'un catcheur promis à un très grande carrière cinématographique, aussi grande que sa carrure l'imposait : Lino Ventura fait ses débuts dans l'ombre du "vieux" dans un rôle de méchant cette fois. Lui qui disait ne pas vouloir jouer les salops s'en va violer la femme d'un inconvenant!

Pour continuer dans le casting, il faut noter le rôle très effacé de Magali Noël.

Les femmes font tapisserie dans ce film. La seule qui a osé bravé la dépendance des hommes, Lila Kedrova,
est tombée dans celle de la came et ses turpitudes. Elle a un rôle difficile de loque humaine, dépouillée de toute dignité, allant jusqu'à gangbanguer dans un bouge antillais sous les volutes de marie-jeanne, pour oublier sa souffrance quotidienne, dans une des scènes les plus extrêmes du film.

Car "Razzia sur la chnouf" est un film très violent, malgré le fait que Henri Decoin essaie d'édulcorer à l'image le propos, par l'ellipse ou le contre-champ. Il s'agit, comme nous le dit d'entrée un petit carton pré-générique, d'édifier les masses sur les ravages de la drogue, nouvelle peste moderne.

Les codes d'honneur traditionnels d'avant-guerre chez les loulous chers à Auguste Le Breton (encore qu'on puisse s'interroger sur la validité de cette mythologie?) est battue en brèche par cette nouvelle donne que représente la coke. Les gros bras ont le coup de flingue facile, la confiance est plus difficilement acquise et on entre dans l'organisation pour n'en jamais sortir. Cette fracture dans les rapports entre voyous est bien dessinée, à tel point qu'on hésite à parler de voyous, terme par trop gentillet pour définir l'absolutisme généré par les sommes dégagées.

Si le film n'avait à s'enorgueillir que de son propos et de sa distribution, ce serait d'ores et déjà pas mal, mais en plus, il met en valeur tout ces éléments avec une photographie et des décors superbes. Par moments le travail du chef-opérateur Pierre Montazel atteint au sublime. Les décors des studios marseillais de la Gaumont sentent encore parfois le carton pâte et la peinture d'avant-guerre, ce réalisme à la française, à la Trauner, mais il s'en dégage une atmosphère suffocante, très "noir", un avant-goût de l'enfer, où les êtres paraissent déjà morts, zombies cachés par les autres productions de l'époque.

Ce Paris parallèle, ces trognes si antipathiques, où même les flics ont des gueules de taulards, plongent le spectateur dans une réalité glauque, celle des bas-fonds, ça sent la pisse et le sang, réalité interdite en temps normal. Le film met les mains dans le moteur et les doigts en ressortent plein de merde. Où es-tu, pauvre humanité? Peut-être dans le regard de Jean Gabin, mais tout de même, on le sent las, désabusé, fragile. Le film n'épargne rien ni personne au fond. La course à la vilenie n'est pas encore gagnée par la police, comme il sera possible plus tard dans d'autres productions. On sent cependant que la frontière entre pègre et flicaille ne tient plus qu'à un tout petit fil, ce n'est plus aussi net qu'auparavant.

Un vrai bon film noir à la française, avec la gouaille saillante de Le Breton, ça ne se refuse pas.

Trombi:
Marcel Dalio:
Albert Rémy:
Pierre-Louis:
Jacqueline Porel:
Roland Armontel:
Françoise Spira:
Paul Frankeur:
André Weber:

Paul Azaïs et Jean Sylvère:
Josselin:
Marcel Bozzuffi  et Simone Sylvestre:

Laurence Badie:
François Patrice:
Suzy Willy:
Michel Jourdan:
Robert Le Fort:
Leopoldo Francés: ou Candy Well?

Monsieur



1964

Cinéaste:Jean-Paul Le Chanois 
Comédiens:Jean Gabin - Mireille Darc - Liselotte Pulver - Henri Crémieux


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Vu en dvd





C'est quand même curieux parfois comment une vision peut s'altérer avec les années. Fut un temps où je trouvais ce film potable. Aujourd'hui, je me demande bien comment et pourquoi ; j'ai eu toute les peines du monde à finir ce film qui m'a paru tellement inconsistant que j'en haïssais presque ce scénario de me faire subir pareille avanie.

Je n'avais pas une grande estime pour Pascal Jardin mais cette histoire, ces personnages, ces dialogues creux ont porté le coup fatal à toute forme d'indulgence à son encontre. J'ai trouvé même cette fausse désinvolture, cette fantaisie pacotillarde au delà de l'inadmissible, d'un pathétique absolu.

La pauvre Liselotte Pulver est transformée en une sorte d'hybride d'Achille Zavatta et Sabine Azéma, un personnage horripilant de bêtise et d'hystérie faussement joyeuse. L'humour est très bas, quasi inerte. Peut-être fera-t-il rire des gens fatigués de la vie ou bien de ceux qui ne cherchent pas à rire souvent et se trouvent là devant un objet inconnu? Non, cet humour là est très puéril, chargé de conventions bourgeoises peu goûtues, à l'excentricité en fer blanc. Tout sonne faux.
 
Qu'est-ce que ces acteurs sont allés foutre dans cette galère? On est tellement loin de l'univers de Jean Gabin, que cette erreur de parcours parait énorme! Le jeune Philippe Noiret est là pour Gabin, c'est entendu et légitime, mais Gabin est là pour qui, pour quoi?

Le pire est sans doute la prestation hallucinante de Heinz Blau, presque flippant, en jeune premier quasi libidineux. Je précise que cet aspect n'était pas du tout l'effet escompté, mais il joue tellement comme un cul le pauvre gars!

Il est vrai que Pascal Jardin a pu faire l'objet de quelques causeries bienveillantes dans certaines coteries, mais le scénario fait tellement preuve de vacuité manifeste qu'on s'étonne qu'à la lecture de ce "rien" il n'est pas fait fuir tout la distribution.

Certes, l'idée de départ est aguichante : un riche banquier s'amuse à endosser le costume d'un majordome pour prendre un peu de distance avec une existence décevante. Il est vrai également que Jean-Paul Chanois est un réalisateur fort convenable.

Malheureusement, tout ce beau monde ne parvient pas à sauver les meubles. Quand l'épine dorsale est touchée, difficile de faire tenir debout ce pauvre corps malade.

Trombi: 
Mireille Darc:

Gabrielle Dorziat, Henri Crémieux et René Fleur:

Berthe Granval:
Jean-Paul Moulinot:
Alain Bouvette, Jean-Pierre Darras et Andrex:

Peter Vogel:
Maryse Martin:
Jean Lefebvre:

Marina Berti:
Claudio Gora:
Gaby Morlay:

Paul Faivre:

Marcel Pérès:
Jean Champion:

Max Elder(gauche):