dimanche 26 mai 2013

The matrix


1999

Cinéastes: Andy Wachowski - Lana Wachowski
Comédiens: Keanu Reeves - Laurence Fishburne - Carrie-Anne Moss - Hugo Weaving

Notice SC
Notice Cinéprofil
Notice Imdb

Vu en dvd




Cela faisait très longtemps que je ne l'avais vu et j'ai été surpris par le plaisir tout bête, presque enfantin que j'ai éprouvé devant un objet cinématographique d'une très grande lucidité graphique. Oula, quel verbiage! Mais je m'explique.

Le film est comme un gros paquet de bonbons sucrés, accumulant les séquences spectaculaires, les décors et l'imagerie festoyante "cool" des années 90, dans une sorte de kaléidoscope clins d'oeil cinéphile (Alien, Terminator, Leone, Scott, Cameron, Woo, etc.). Et c'est bien agréable, vivant, goûtu.


Le seul danger de ce film est dans le regard du spectateur : il ne faut surtout pas prendre au sérieux cet amas hétéroclite de salmigondis pseudo philosophique sur la réalité, empêtré de discours politique conspirationniste sur la liberté, sur la conscience, sur la propriété, sur lequel vient s'agglutiner toute une symbolique religieuse christique. On amalgame tout cela, on forme un gloubiboulga qui n'a strictement rien de subtil et donc totalement insensé.

Mais on s'en fout. Car l'habillage romantique et magique à la fois de cet ersatz de philosophie technologique forme un canevas prodigieusement jubilatoire pour les Wachowski (Bro&"Sis"). Et par effet domino pour le spectateur. Ils construisent tout leur appareil scénique autour de ça et créent un film bien gaulé. L'esthétique très marquée par les années 90 imprègne chaque plan.

Je l'ai vu en dvd mais j'ai bien envie de voir ce que le blu-ray peut offrir en terme de détails, de textures et surtout de couleurs. La photographie verdâtre de Bill Pope semble très étudiée, humide, verte et noire, ténébreuse, métallique et plastique à la fois, rock'n roll en somme. On pense aussi à Carpenter (tiens, je l'avais oublié dans ma liste tout là haut).

Dans ce cadre singulier, le film reste précis et nous pouvons alors nous engouffrer sur une voie toute consacrée au plaisir visuel. L'histoire n'a pas grande importance. Elle n'est que prétexte au suspense, à la tension, à l'explosion, à la chorégraphie de cette "geste" que la résistance développe contre la Matrice, avec suffisamment de flamboyance pour communiquer une joie enfantine, bigjimesque. Le film est pour moi un jouet aux formes rassurantes, aux vertus aussi futiles qu'efficaces. On baigne ici dans une sorte de paradoxe finalement un peu régressif. J'ai véritablement pris mon pied en souriant à toutes ces facéties qui laissent deviner un réel amour du cinéma populaire de la part des Wachowski.

Ce petit bonheur tout simple est sans grande conséquence, il fait partie de ces petits films sans prétention, mais faits avec rigueur, des films qui font aimer le cinéma de genre.

Trombi:
Keanu Reeves:

Laurence Fishburne:

Carrie-Anne Moss:

Hugo Weaving:
Gloria Foster:

Joe Pantoliano:

 Marcus Chong:
Julian Arahanga:

 Belinda McClory:

Matt Doran:
Anthony Ray Parker:
Paul Goddard et Robert Taylor:

David Aston:


Marc Aden Gray et Ada Nicodemou:

Fiona Johnson:

Denni Gordon:

Nosferatu eine Symphonie des Grauens


1922
Alias: Nosferatu le vampire

Cinéaste: F.W. Murnau
Comédiens: Max Schreck - Gustav von Wangenheim - Greta Schröder

Notice Imdb
Notice SC
Notice Cinéprofil

Vu en dvd



Cela faisait tellement longtemps que j'avais vu ce film que j'en confondais certains fragments de souvenirs avec ceux du Nosferatu d'Herzog, si bien qu'il était plus que temps de faire le ménage dans ma mémoire.

De plus, depuis que j'ai découvert L'aurore, j'ai pour Murnau les yeux de Chimène. J'avais envie de tomber amoureux de ce Nosferatu. J'ai pris un vent. J'ai été un peu déçu.
 

Pauvre de moi, je redécouvre ce Nosferatu bien trop tard. Après avoir vu un certain nombre de versions de Dracula, celle-ci me parait sans un élément particulier auquel je pourrais me raccrocher.

Oh j'aime bien l'atmosphère, le découpage, certaines séquences, comme l'entrée du bateau dans le port, certains plans sur Max Schreck magnifiquement maquillé, avec l'exubérance idéale qui fait toute la monstruosité du personnage, à la fois effrayant et fascinant.

Mais au delà de cette forme astucieuse, inquiétante, je ne suis jamais vraiment happé par l'histoire, ni même enthousiasmé par ses personnages, ni antipathiques, ni sympathiques. Je ne sais si ce sont les acteursGustav von Wangenheim  et Greta Schröder qui peinent à donner de la substance. Toujours est-il qu'ils ne m'intéressent pas. Je les regarde sans les voir.

Je sais bien qu'il s'agit là d'un classique, que le film s'inscrit dans une Histoire artistique, d'une époque, d'un genre, d'un mythe, mais qu'y puis-je? Je n'ai pas ressenti le grand frisson. Je le déplore, mais c'est ainsi. Le film m'apparait juste comme un bon film et ce qu'il a apporté à l'Histoire du cinéma ne m'importe guère.

Tant pis pour moi, c'est bien fait pour ma gueule.

Trombi:
Gustav von Wangenheim:

Greta Schröder:

Alexander Granach:

John Gottowt:

 Max Nemetz:

dimanche 19 mai 2013

La caduta degli dei


1969

Alias: Les damnés
Alias: Götterdämmerung
Alias: The damned

Cinéaste: Luchino Visconti
Comédiens: Ingrid Thulin - Helmut Berger - Dirk Bogarde - Charlotte Rampling

Notice SC
Notice IMDB
Notice Cinéprofil

Vu en dvd




"Les damnés" présente une grande fresque familiale sur laquelle l'Histoire de l'Allemagne nazie trouve une illustration pleine d'éclat sinon de pertinence. En effet, Luchino Visconti veut montrer comment une grande famille aristocratique, les Von Essenbeck, va épouser les thèses d'Hitler au pouvoir afin de continuer à puiser sa richesse de ses aciéries. La progression que suit cette vieille aristocratie vers une déchéance de plus en plus mortifère montre de manière très violente comment le régime a poussé certains  vers leurs plus bas instincts. Cette progression suit la véritable histoire de l'hitlérisme, depuis l'incendie du Reichstag jusqu'après la nuit des longs couteaux.

Avant même que le nazisme perturbe cette famille, certains de ses membres avaient déjà de sérieux problèmes. Loin d'être idéale, l'harmonie familiale montrait de nombreux dysfonctionnements. De fait, le scénario de Nicola Badalucco, Enrico Medioli et Luchino Visconti laisse un voile astucieux sur les liens de cause à effet et l'on ne sait trop si c'est l'hitlérisme qui est à l'origine de la faillite morale de cette dynastie ou bien si ce sont tous ces désordres familiaux (et que l'on peut imaginer identiques dans d'autres lignées) qui ont pu faire émerger la violence nazie. Le mariage est parfait.

Ici l'écroulement des Von Essenbeck semble en germe depuis longtemps. Au début, le vieux patriarche peine à incarner encore un semblant de normalité, pépé gâteau devant ses petites-filles. Et pourtant, se sentant trop âgé pour continuer à diriger les aciéries, il lègue cette tâche à l'un de ses fils, celui qui fait déjà partie des SA, au détriment de l'autre anti-nazi virulent. Les raisons sont à trouver dans une sorte de pragmatisme cynique : Hitler est au pouvoir et la vieille Allemagne s'y abandonne, par lâcheté ou lassitude, cela revient au même.

A partir de là, tout ce qui reliait plus ou moins les différents membres de la famille se détériore à grande vitesse. Et Luchino Visconti grâce une très belle photographie de Pasqualino De Santis et de Armando Nannuzzi, très mélodramatique, exploite la palette chromatique des émotions entre rouge et vert, jusqu'au discours incisif des ombres, comme dans un film noir.

L'histoire suit son cours et amène ses personnages jusqu’à la caricature parfois. Helmut Berger est à ce titre un peu irritant. Dans l'ensemble les comédiens n'ont pas des rôles faciles, mais cet acteur me semble beaucoup trop libre dans son expression quelques fois grimaçante. De plus, son côté efféminé nuit à son personnage qui tient plutôt de l'ado attardé et difficile. Sa pédophilie et son désir incestueux latent se confondent mal avec cette féminité exacerbée. Je ne sais pas, je la trouve incongrue. Souvent au cours du visionnage, ses simagrées m'ont fait "sortir" du film. Dommage.

Pour être honnête, Ingrid Thulin manque également de sobriété sur quelques séquences, ce qui m'étonne, vu qu'elle sait être beaucoup plus mesurée et juste sur d'autres. Il s'agit donc là bien d'un parti pris conscient dont le sens me reste inaccessible.

Ce qui m'a vraiment plu, outre la forme, apocalyptique, cette grandiose catastrophe que l'outrance de la photo et des décors rendent avec maestria, c'est l'intelligente "façon" qu'a le récit de décrire l'évolution funeste des Von Essenbeck, sa nature implacable, avec sa cadence millimétrée et ses passages obligés, car logiques. Le trait est peut-être appuyé. Avec le temps, le cinéma a gagné en nuances depuis. Reste que le cinéma de Visconti parvient dans une sorte de frénésie tragi-comique à produire un tableau doté d'une force visuelle et d'une percussion dans le discours qui peuvent émouvoir encore. L'on y perçoit l'atroce intensité des sentiments, et cette peur, primale, la peur du vide, morbide, celle que le gouffre de l'absurde vous inflige avec violence et que cette époque a instillé parfois avec une lente et sournoise régularité.

Trombi:
Dirk Bogarde:

Umberto Orsini

Charlotte Rampling:

Helmut Griem:

 Renaud Verley:
Reinhard Kolldehoff:
Nora Ricci:

Albrecht Schoenhals:
Florinda Bolkan:
Karl-Otto Alberty;

Connais cette tête...