lundi 28 novembre 2016

Sweet movie



1974

Cinéaste: Dusan Makavejev
Comédiens: Carole Laure - Pierre Clémenti

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd

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Décevant. Ce film à la réputation sulfureuse n'aboutit nullement à la claque artistique et intellectuelle à laquelle je m'attendais. J'avais vaguement entendu d’une oeuvre folle, politique et presque surréaliste. “Politique” je veux bien, mais “folle et surréaliste”, c’est vite dit! Politique, c’est également un peu tiré par les cheveux, trop léger, évocateur, oui, mais fondamentalement politique, je ne crois pas, non. Quant au surréalisme, bien sûr, on peut y songer une seconde et lui accorder une certaine filiation, du côté provocateur par exemple, mais ça s'arrête là.

Le film est assez vide, très puéril, simpliste dans le fond, mais capable sur la forme de produire quelques très jolis plans. Son esthétique humide et amatrice (j’ai l'impression que le film sent le champignon) donne une image foutraque où la beauté visuelle semble le fruit du hasard, ce qui participe de son charme sans doute mais est tout de même un peu injuste. Dusan Makavejev arrive par je ne sais quel miracle à proposer quelques plans marquants sans être non plus exceptionnels.

Ils sont relativement rares en regard du nombre colossal de plans sciemment cradingues. Et là, on retrouve le fond qui prédispose la forme. En effet, ayant l'ambition absolutiste d'être rebelle, l'image est censée appuyer le propos novateur, illustrer la maîtrise scénographique et esthétique du propos. Or, cette ambition ne se suffit pas à elle même. Malheureusement, le réalisateur crée un objet grossièrement taillé, pour un discours faiblard, putassier parfois (la complaisance pipicaca ou pédophile est très éloquente à ce sujet) et finalement, tellement creux. Des scènes évidemment destinées à choquer le bourgeois jalonnent le film en continu et de façon artificielle.

J’ai eu le sentiment d'être devant un film écrit, joué, réalisé par des adolescents, quelque chose de bâclé, de court intellectuellement, d'inachevé, écrit à la truelle. Si “art” il y a, il est naïf, ce qui en soit n’est pas une mauvaise entreprise. Mais elle ne peut pas aboutir à autre chose, elle reste coincée dans son identité restreinte. Si bien que le film lasse vite, étouffe.

Seule la bouille aux yeux ronds de Carole Laure,
 autre enfant, pur, perdu dans un monde de brutes, éveille encore la sympathie. Alors, Makavejev insiste lourdement sur des gros plans de Carole Laure, le regard ahuri de tristesse. Et bien entendu, elle finit en une danse lascive dans le chocolat (salissure “merdique” toujours assénée avec si peu de subtilité, voyez).

Un peu avant la fin, le film met en scène la communauté de Otto Muehl. Et là, forcément, tous mes sentiments jusque-là plus ou moins confus, retenus par prudence se dévoilent de plus en plus clairement. Cette sensation de voir un film faussement audacieux fait sens. Otto Muehl vient d’un mouvement artistique qui a dérivé avec un aspect sectaire allant jusqu'à la condamnation de Muehll pour actes pédophiles. Ce vide vaguement new-age tourne vinaigre frauduleux, supercherie spirituelle autant que politique.

Quand on amalgame marxisme-léninisme au libéralisme sans argument comme le film le fait à plusieurs reprises, il est difficile de le prendre au sérieux. Ma lecture du film ne pouvait pas plus mal finir. De juste vain et faux, le film finit en s’affirmant volontairement malsain.

Non, décidément, l’art transcendant, l’art subtil, l’art révolutionnaire n’est jamais véritablement présent dans ce film. Sweet movie est un pet foireux et le revendique (ce qui est trop commode). Les grands artistes expriment bien plus, percent l'essence des choses, des émotions, de l’histoire, de l'humain. Or, ce film ne parvient même pas à en gratter la surface. Nan, ce n’est vraiment pas bon. Dommage.

Trombi:
Carole Laure:

Pierre Clémenti:

Anna Prucnal:

Sami Frey:

Jane Mallett:

John Vernon:

Roy Callender:

Roland Topor:

Robin Gammell:

Don Arioli:

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vendredi 18 novembre 2016

Les mystères de l'ouest - La nuit de la peste subite



1966

Saison 1, épisode 28

Titre original : The wild wild west - The sudden plague
Titre francophone: Les mystères de l'ouest - La nuit de la peste subite

Réalisateur: Irving J. Moore
Comédiens: Robert Conrad - Ross Martin

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd

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Je finissais ma critique de l'épisode précédent (La nuit du printemps meurtrier) en priant que celui-ci, le dernier de la première saison, soit de nouveau assez efficace et brillant pour m'inciter à voir la prochaine saison. Hé bien ce fut le cas.

D’abord, il commence très fort en introduisant nos deux héros, James West et Artemius Gordon, dans une ville fantôme où les habitants, vivants, sont figés comme des statues. Le mystère troublant est finalement vite éventé.

L'aventure prend un tour plus westernien quand James West se retrouve aux prises à une bande de pilleurs. Ce milieu d'épisode est intéressant, même s’il n’a rien d'extraordinaire. Il nous fait profiter d’une très bonne dynamique. Les acteurs ne sont pas mauvais, surtout H.M. Wynant qui me plait bien.

L'intrigue devient un peu plus originale en dernière partie grâce sans doute à la bonne prestation de Theodore Marcuse
en savant fou au physique vraiment inquiétant. Sa performance est risquée, outrée, notamment quand son personnage perd contrôle. Cela fonctionne bien à mon sens. Il est d'évidence le point fort de cette dernière enquête.

Trombi:
Robert Conrad:

Ross Martin:

Nobu McCarthy:

Robert Phillips (left gauche):

Eddie Durkin:

Elliott Reid:

Harvey Levine (ritght droite):

mercredi 16 novembre 2016

The Truman show



1998

Cinéaste: Peter Weir
Comédiens: Jim Carrey - Ed Harris - Natascha McElhone

Notice SC
Notice Imdb

Vu en blu-ray

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Certes, cette critique de la télé-réalité, à l’époque où le phénomène commençait à prendre de l’ampleur, paraît aujourd’hui posée avec une certaine outrance, voire de façon grossière. Oui, on exagère, on s’imagine un “pire” hautement improbable.

Mais passons sur la grosseur du trait et entendons le fond, l'idée générale, à savoir que le credo de la télé-réalité est en soi un mensonge. Cette idée toute simple est assez bien proposée. Très clairement, même si l’on pousse le trait jusqu'à la caricature, oui, la télé-réalité n'existe pas.

Dans la réalité, bien souvent les premières victimes de cette falsification sont les acteurs eux-mêmes de cette télé. D’ailleurs à ce propos, on peut reprocher au scénario d’Andrew Niccol de ne pas aller au bout de sa logique, ce que la vraie réalité a démontré depuis à plusieurs reprises : la mort des candidats ou du moins la difficulté de certains à supporter la réalité post télé-réalité. Les déchirements, les suicides ou les tentatives, les comportements auto-destructeurs ne manquent pas. Or, le “Truman show” s’en tient à une fin ouverte et souriante, alors qu’il y a bien de quoi se flinguer pour le héros joué par Jim Carrey.

Dans un premier temps, le film se tourne vers la comédie. Je crois que le choix de prendre Jim Carrey, vedette comique déjà bien installée dans l'imaginaire du public pour jouer le rôle principal, ce Truman victime sacrificielle de la télé-réalité, crée dans un premier temps cette confusion. En effet, on est d'abord installé dans des situations qui se veulent souriantes pour ne pas dire comiques.

L'astuce scénaristique amène progressivement ce rire à devenir jaune. Au fur et à mesure que Truman se rend compte qu’il lui est impossible de sortir de ce monde étroit, que ses soit-disant amis le manipulent pour favoriser cette aliénation, le film sort de la comédie pour entrer dans la satire de plus en plus effrayante, noire.

Cependant, le scénario, sentant que cette évolution pouvait compromettre le “spectacle familial”, introduit un nouvel élément, l’enjeu romantique avec Natascha McElhone
qui selon moi n’ajoute rien. Au contraire, cela tempère plutôt la noirceur incisive de l’intrigue.

Ce qui sauve l'intérêt de la deuxième partie, au delà du “suspense” sur le devenir de Truman, c’est la performance d’Ed Harris.
 L'acteur est tellement fort, tellement précis et enrichit si bien son rôle par la finesse de jeu que son personnage apparaît beaucoup plus complexe que ne pouvait le laisser entrevoir le scénario dans la première partie. La confrontation morale, philosophique entre le “père” et sa “créature” est menée avec maestria par Ed Harris : jusqu'au bout, il pimente la deuxième partie du film et suscite la réflexion, l'interrogation sur ses motivations, son mode de pensée, son éthique, sa relation perverse avec cet “enfant” qu’il a emprisonné, façonné, amputé et qui lui échappe enfin. Cette confrontation est émouvante, riche, angoissante ; elle fait le sel du film, dépassant même la réflexion sur la télé-réalité.

Trombi:
Laura Linney:

Noah Emmerich:

Holland Taylor:

Brian Delate:

Peter Krause:

Heidi Schanz:

Ron Taylor et Don Taylor:

Ted Raymond:

Fritz DominiqueAngel Schmiedt et Nastassja Schmiedt:

Judy Clayton:

Judson Vaughn:

David Andrew Nash:

Marcia DeBonis (droite, right):

Paul Giamatti:

Harry Shearer:

Una Damon:

Krista Lynn Landolfi and O-Lan Jones:

Tom Simmons and Joel McKinnon Miller:

Terry Camilleri:

Philip Baker Hall (centre):