vendredi 19 mai 2017

Creatura



1990

Titre francophone: Creatura
Autre titre : Druuna, tome 3

Dessinateur: Paolo Eleuteri Serpieri
Auteur: Paolo Eleuteri Serpieri

Editeur: Bagheera

Isbn: 2-908406-00-4

Notice Bédéthèque
Notice SC

Notice Tome 1 Morbus Gravis
Notice Tome 2 Druuna
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3e tome très surprenant dans la mesure où les ingrédients majeurs des deux précédents, à savoir la violence et l’érotisme sadien passent au second plan, voire au troisième.

Au contraire, Serpieri concentre cette fois son attention sur le récit, sa conduite étant, il est vrai, de plus en plus compliquée. Cette histoire nous fait voyager dans un monde toujours placé sous le signe de la dégénérescence. Mais au départ, l’on suit un groupe d’hommes sur un vaisseau spatial attiré par un bout de caillou bien étrange au fond de l’espace...

Forcément, cette proposition pour traditionnelle qu’elle soit dans la science-fiction n’en évoque pas moins d’autres œuvres du genre. On pense à Alien bien sûr, avec cette exploration d’un astéroïde à l’accueil inquiétant.

Le côté organique des décors ajoute sa petite touche exotique. Avec ces décors grandioses, éclatés, dont la sauvagerie le dispute à l’opulence, l’esthétique dégradée en même temps qu’eschatologique prend le dessus, peut-être sur l’histoire proprement dit. C’est ce que je préfère dans ce troisième tome : cet appétit qu’il a à dévorer pleinement la liberté onirique dans l’espace, aussi bien que dans le style.

L’histoire est plus complexe et rend la lecture sans doute plus périlleuse ou disons moins commode. Avec l’ajout de nombreux personnages, la trame principale que suivaient les premiers épisodes semble elle aussi en retrait. Comme si Serpieri avait ressenti une lassitude sur la première histoire, ou bien avait compris qu’elle était une voie sans issue désormais, qu’elle avait besoin d’un sérieux coup de fouet pour continuer. Serpieri a sans doute eu l’intelligence de sentir qu’il allait tourner en rond. Aussi ce tome 3 est-il le début d’une nouvelle promesse.

jeudi 18 mai 2017

Regarde les hommes tomber



1994

Titre original : Regarde les hommes tomber
Titre anglophone : See how they fall

Cinéaste: Jacques Audiard
Comédiens: Jean-Louis Trintignant - Jean Yanne - Mathieu Kassovitz

Notice Imdb
Notice SC

Vu à la télé

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J'ai un problème avec le cinéma de Jacques Audiard. Je ne parviens pas à l’apprécier, à entrer totalement en résonance avec son propos, sans aucun doute à cause de sa forme.

J’avais oublié que j’avais vu que ce film il y a longtemps. Ce n’est que sur cette revoyure que je réalise cet oubli. D’autant plus dingue qu’il a tout de même de sérieux atouts marquants à faire valoir!

D’abord, le trio d’acteurs est formidable. Mathieu Kassovitz,
 c’est peu dire! Il joue très bien le benêt, le paumé qui s’accroche désespérément à Jean-Louis Trintignant, sans en rajouter dans les effets.

Jean-Louis Trintignant est immense comme d’habitude. Avec un rôle compliqué de râleur, violent, mais qui, peu à peu, se laisse émouvoir et s’attache à son boulet.

Jean Yanne est peut-être celui qui a le rôle le plus simple à jouer. Il garde la sobriété nécessaire pour que son obsession progresse naturellement sans heurt. Très propre. On ne peut qu’applaudir devant cette direction d’acteurs impeccable.

Je me heurte plutôt au traitement esthétique, au montage très elliptique, la façon dont la caméra suit les personnages et enfin, plus généralement, la photographie très humide et froide de Gérard Sterin. L’ensemble formel me rebute. Physiquement, il est beaucoup trop associé à des images réelles de mon enfance, à un passé désagréable : l’humidité et le froid des années 70 de mon enfance. Il y a dans cette photo quelque chose de physiquement qui me dérange.

Mais ce traitement visuel est totalement légitime, j’en suis conscient : il s’agit d’une série noire. Le film a tout intérêt à concrétiser le malaise, l’espèce de précarité psychologique et matérielle des personnages.

C’est bel et bien un écueil personnel, subjectif qui altère mon sentiment à l’égard du film. Difficile pour moi de faire abstraction : le peu que j’arrive à m’imposer me certifie que le film est très bon, bien écrit, bien mis en scène et bien joué, une descente dans les abîmes maîtrisée. Me reste plus qu’à espérer que ça passe avec l’âge.

mercredi 17 mai 2017

Breaking Bad saison 3



2010

Titre original: Breaking bad

Saison 3
13 épisodes

Réalisateurs: Bryan Cranston Adam Bernstein - Michelle MacLaren - Scott Winant - Johan Renck - John Shiban - Colin Bucksey - Michael Slovis - Rian Johnson -  Vince Gilligan
Comédiens: Bryan Cranston - Anna Gunn - Aaron Paul

Notice SC
Notice  Imdb

Vu en VOD

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J’aime bien cette saison ; peut-être même est-elle celle que je préfère jusqu’à maintenant? Cela faisait longtemps que je n’avais pas suivi cette série. Aussi ai-je plaisir à retrouver d’abord les personnages, et ensuite une histoire enthousiasmante, rocambolesque, fascinante par son exubérante imagination, mêlée d’une incroyable capacité à se rendre somme toute crédible. Aussi farfelus soient les détours que prend l’histoire, on a le sentiment que les scénaristes retombent à chaque fois sur leurs pattes, avec une adresse dans l’écriture qui me laisse cette fois encore baba d’admiration.

Je ne sais au juste si c’est l’intervalle asse long que j’ai mis dans ma découverte de la série entre la saison 2 et celle-ci, ou bien si c’est la qualité propre des scénarii de cette saison 3, mais j’ai le sentiment assez net, beaucoup plus précis que la relation père-fils entre Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul)
avait pris cette fois un caractère beaucoup plus affectif, mais surtout plus ouvert, obligeant les deux personnages à sacrifier un peu plus de leur intégrité morale pour le bien de l’autre. Logiquement, les événements le prouvent et supposent tout aussi bien que cette saison 3 ne voit que la résultante de la lente progression des sentiments filiaux qu’ils ont jusque là tissé avec plus de retenue et qui aboutit maintenant à des gestes cruciaux, signes évidents d’un point de non-retour à la fois dans leur investissement relationnel mais également de leur implication criminelle, les deux mouvements étant fortement reliés. Ils sont désormais liés. Je ne sais quel sera l’avenir de ces deux hommes dans la saison 4, mais il est clair qu’ils ont dépassé un stade majeur dans leur rapport. On verra bien comment ils vivront ce passage.... c’est en tout cas une promesse bien intrigante.

J’ai beaucoup aimé la manière dont les personnages secondaires sont intégrés à cette trame principale. C’était déjà le cas lors des saisons précédentes. Ça l’est encore. Surtout pour le personnage de Hank Schrader incarné par un toujours surprenant Dean Norris.
Son jeu marqué par un masque de virilité exacerbée et le contraste d’angoisse existentielle que l’expérience mexicaine a provoqué en lui est d’une finesse très étonnante. Sur cette saison, je suis encore plus sous le charme. Il a un rôle complexe et lui insuffle de la vie, de l’incarnation avec une précision de jeu formidable, tout en nuances, malgré les clichés que son personnage trimbale.

Pour le moment, je n’avais été épaté que modérément par les prestations de Aaron Paul.
 Or, sur cette fin de saison, l’acteur me convainc totalement. Son jeu affiche une robustesse qui jusqu’à maintenant m’avait échappé.

Bryan Cranston
 est toujours aussi bon. Il n’y a cette fois aucune surprise : il est excellent, construisant toujours aussi bien les méandres de la psychologie de ce personnage tenaillé par ses obsessions, son ego surdimensionné, ses angoisses, ses attachements sincères ou ceux plus enfouis.

Dans la distribution, mêmes les petits rôles comme celui de Betsy Brandt 
sont dessinés avec assez de précision pour marquer les esprits avec quelques scènes émotionnellement intenses.

Je suis toujours encore un peu réservé avec le comique d’un personnage comme celui de Saul (Bob Odenkirk).

A suivre. Au delà, de toute façon, de ce que peut apporter chacun dans son cadre étroit, individuel et intime, c’est bel et bien l’ensemble de la série qui fait tout exploser, que ce soit dès le scénario, dans la mise en scène, le jeu des acteurs et l’esthétique si singulière qui s’en dégage. Comment ne pas avoir envie de rester dans cette histoire, d’en connaître la suite, de voie évoluer ces personnages, ces situations? Breaking Bad fait partie de ces séries à haut pouvoir addictif.

Trombi:
Anna Gunn;

RJ Mitte;

Giancarlo Esposito:

Jonathan Banks;

Jere Burns:

Julie Dretzin:

Carmen Serano:

Luis Moncada et Daniel Moncada:

?, Tess Harper et Michael Bofshever:

Mark Margolis:

Christopher Cousins:

Javier Grajeda:

Stoney Westmoreland:

Steven Michael Quezada:

Danny Trejo:

Michael Shamus Wiles:

Jolene Purdy:

Jeremiah Bitsui:

Carole Gutierrez:

Charles Baker:

Rodney Rush:

Mark Hanson:

David Costabile;

Matt Jones;

Tom Kiesche:

Jose Avila:

Nate Mooney:

Krysten Ritter:

Emily Rios;

Mike Seal et Antonio Leyba:

Julia Minesci:

Louis Herthum:

James Ning;